06.12.2006
Je hais les titres

Lovée au milieu des draps de soie, la jeune femme s’étire paresseusement avant d’ouvrir les yeux.
D’un geste involontairement sensuel, elle se redresse et consulte son réveil. 8 heures 30.
Bien décidée à ne pas rester au lit une minute de plus, elle jette un dernier regard à son oreiller qui semble la supplier de ne pas partir, enfile une chemise d’homme et se lève. Le paysage irréel qu’elle contemple de sa chambre la fait sourire : la journée s’annonce magnifique.
A quelques kilomètres de là, dans un bordel miteux, une jeune fille à peine majeure lutte pour ne pas se rendormir. Une douleur sourde cogne à l’intérieur de son crâne. Elle n’espère qu’une chose : en finir au plus vite.
Allongé à quelques centimètres d’elle, le client de la nuit dernière ronfle paisiblement. Cette proximité lui donne envie de vomir. Car si elle peut endormir sa conscience durant son travail, celle-ci lui hurle en ce moment même une vérité qu’elle refuse d’entendre.
Tout en cherchant ses vêtements, elle tente de se remémorer les évènements de la veille : même si elle ne s’en souvient pas, il lui suffit de fermer les yeux pour imaginer la scène.
La tête ailleurs, elle secoue sans ménagement son invité, et, avec un regard lourd de sens, lui indique la porte.
18:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.11.2006
Titre ...

Le rideau s'ouvre sur un salon surpeuplée.
Les quelques spots de couleurs vives donnent à la pièce une ambiance tamisée, presque iréelle.
Dans un coin, des baffles hors de prix diffusent de la musique commeciale que personne n'écoute vraiment.
Le niveau sonore est à la limite du supportable.
Je me glisse entre les corps en mouvement.
Il y a tellement de monde ici qu'on ne distingue plus les différentes personnes qui forment cette masse compacte. Tous sont identiques et dansent en rythme sur un air passé de mode.
Seule la longueur des cheveux me permet de différencier les garçons des filles. S'ils tombent en dessous des épaules, j'opte pour la seconde catégorie. Quoique, l'étrange spécimen boutoneux qui se déhanche près du buffet doit être l'exeption qui confirme la règle.
Je me demande ce que je fais là.
Pourquoi suis-je venue au fait ? A part accompagner mon amie que j'ai perdu après avoir passé la porte d'entrée ?
De toute façon qu'importe, l'appartement est tellement grand que, même si je le souhaitais, je n'arriverai pas à revenir sur mes pas.
Je m'approche de la table et me sert de la Vodka.
Peut-être que seules quelques secondes se sont écoulées. Peut-être plus... J'hésite.
L'alcool se diffuse dans mes veines et m'aide à me détendre.
Je soupire.
Je plonge dans un long rêve éveillé jusqu'à ce qu'une paire d'yeux m'en déloge. Un regard fixe, profond, étranger.
L'inconnu ne se trouve qu'à quelques mètres de moi. Pourtant, cette distance est un gouffre.
Je reste plongée dans ces yeux sans entendre le mugissement de la stéréo, le bruit des verres brisées, celui des pas résonnant sur le sol. Seul mon coeur rythme cet échange de regards.
17:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.11.2006
Cendrillon rêve d'un monde différent

Aucun Prince charmant pour sauver la souillon
Aucune Marraine attentionnée pour la sortir de ce taudis
Son quotidien n'est que désespoir...
Elle est seule.
Cendrillon contemple le ciel immense.
Sa silhouette sombre, assise sur le rebord de la fenêtre, domine pour un temps un monde sur lequel elle ne régnera jamais.
Ses cheveux flottant délicatement dans la brise de décembre donnent à son portrait une allure irréelle. Protégée par un simple chandail aux mailles distendues, elle s'étonne de ne même plus sentir le froid mordant de l'hiver.
Une cigarette à la bouche, un verre de vin à la main, elle contemple l'étendue du pays qui se dresse devant elle. Gigantesque, écrasant.
Elle étouffe de cet étalage d'opulence qui pousse les hommes à s'entre déchirer, à s'envier et se haïr.
Elle deteste leur suffisance, cet air autaint qu'elle lit dans leurs yeux lorsqu'ils la regardent. Elle les deteste tous.
Car, tout au fond d'elle même, Cendrillon jalouse ces dames qui la méprisent, et se surprend à espérer qu'un jour, ces maris qui se tiennent aujourd'hui à leur bras les délaisseront pour des femmes plus jeunes, plus fraîches, plus belles...
Elle aimerait les voir souffrir et hurler leur douleur, pour qu'une fois, rien qu'une seule, elles supportent ce désespoir qui lui broie le coeur.
20:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.11.2006
Moment intime...
Je sais, je devrai bosser...

mais lorsque je te lis, j'ai l'impression d'être étrangère...
Il était une fois...
Seuls les contes de fées commencent ainsi.
Mon histoire, celle qui va suivre, n'est pas de cette catégorie.
Elle retrace l'histoire d'un homme assurément plus amoureux
de la bouteille que de sa femme. Car il ne peut choisir les deux.
Lorsqu'il rentre tard le soir, après une fête bien arrosée,
Elle espère seule dans le noir, qu'il s'écroul'ra sans la frapper.
Ses deux gamins, dans l'autre pièce, pleurent déjà en silence
Les coups portés à leur mère, et la fin d'leur innocence.
Une famille détruite, et trois petites vies brisées,
Cet homme là pourrait-t-il, tout simplement, les assumer ?
Car lorsqu'il rentre, ce jeudi là, bien après le crépuscule
C'est le corps pendu de sa femme, qui l'attend au vestibule.
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20.11.2006
Et si ce n'était qu'un rêve ?

10:55 Publié dans [ ... ] | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note